Jeudi 13 novembre, 11h, un matin comme les autres, je trace à pied, la tête dans l'cul, pour aller à la fac. Tout va bien, il ne pleut pas, mon mp3 à encore des piles, je tape une blague aux employés des pompes funèbres qui font leur pause clope (« hey les mecs, faites gaffe, fumer tue !! » ha ha ha ...).
Jusqu'à que cette putain de vieille et ses deux clébards entrent dans mon champ de vision.
Je dois vraiment avoir un charme canin insoupçonné, car dès qu'ils me voient, ces deux merdes sur pattes se mettent à courir vers moi. Je me dis, c'est pas grave, les chiens c'est comme les wesh, plus ça aboit moins ça mord, mais je change vite d'avis quand l'un des deux commence à me sauter dessus. Là, en bon Thomas, avec ma finesse légendaire, je commence à lui refaire la mâchoire à coups de rangos (j'aime vraiment mes chaussures quand même...), mais étant deux, pendant que je termine ma séance d'orthopédie faciale à coup de pieds sur le premier, le second en profite pour me bouffer le mollet. Evidemment, chien pas vacciné, en tant que bon chien de clocharde qui se respecte, et me voilà donc parti en bus pour me faire analyser au premier hôpital venu. Il se trouve justement que le premier venu sur la ligne de mon bus, c'est Bagatelle. Après 25 minutes de queue (un peu long quand même quand t'as la jambe en sang ...), j'explique mon cas à la secrétaire qui m'explique gentiment qu'ils ne font pas les urgences, et que je n'ai qu'à aller à l'hôpital Robert Picqué, à 1 km de là.
Je lui explique qu'ayant du mal à marcher ça risque d'être compliqué, mais apparemment cette conne s'en contrefout. T'es blessé dans un hôpital et c'est pas possible de faire quelque chose. Alors ça, plus les licenciements sur certificat de baptême (une seule personne comprendra), et bien messieurs dames, je le dis : MERDE AUX PROTESTANTS.
Je me dirige donc tant bien que mal à Robert Picqué, pour 1h20 d'attente avec un entretien préalable au secrétariat d'admission (« - comment ça, vous ne vous déplacez pas avec vos informations de mutuelle et votre certificat de sécurité sociale ? – Ben si connasse, bien sur, toujours au fond de mon sac de camping, à coté du chat et de la plante verte ... »).
Sur ce, on me dit que j'ai des traces de toxoplasmose et qu'il faut que je fasse des tests pour la rage. Manque de pot, il n'y a de la place que sur rendez-vous, dans une semaine. Alors au cas où, on me fout sous antibiotiques de cheval (pour tout vous dire, je sais toujours pas si je suis enragé, mais qu'est-ce que j'ai mal au bide !). Dans tout ça j'envoie un sms à une pote pour qu'elle me prenne les premiers cours de la journée, et j'apprendrai en arrivant à la fac qu'elle est encore en train de pioncer chez elle pour cause de grosse charge prise la veille. Je continue mon périple direction gendarmerie pour porter plainte contre x sur les conseils de l'hôpital, et là, super, je tombe sur la caricature du gendarme : branleur, illettré, et pas très accueillant. Je me fais engueuler car je n'ai pas les informations médicales des chiens et le nom de la propriétaire. Ben oui connard, c'est évident, j'allais gentiment rester là à noter son joli nom en me faisant bouffer les jambes ... Et quand je disais illettré à propos de mon ami fasc... euh, gendarme, ce n'était pas ma subjectivité un brin antimilitaire, c'est à cause de ma relecture de son compte rendu : 5 lignes, 6 fautes. Sans commentaires. Mais bon, un ami à lui arrive à la gendarmerie pour prendre l'apéro (véridique), et on me fait bien comprendre que je suis gentil avec mes chiens mais que maintenant il faudrait partir. PUTAINS DE GENDARMES. C'est bizarre, c'est les même qui te flashent à 51 km/h en entrée d'agglo, mais là je sais pas, ils doivent être plus motivés.
Sur ce je repars à la fac, et arrivant en plein milieu de mon cours, et voyant les schémas au tableau, je me rends compte que je viens de rater le cours le plus chaud de l'année : la dynamique du chaos dans la mythologie antique et les interactions entre actions démiurgiques et normalisation du cosmos. Génial.
Je rentre chez moi, il fait nuit, il fait froid, et qui je recroise, un des deux chiens, sans son semblable ni sa maitresse. Ca doit être celui que j'ai asmaté, car il boite, et il passe à 5 mètres de moi sans aboyer ... Y'a quand même une justice, les chiens savent encore s'incliner.
J'arrive chez moi avec la dalle après cette journée forte en péripéties, et là, en guise de festin : de la soupe.
Toi, y'a vraiment des jours où tu serais vraiment mieux sous la couette avec ta chérie ...